La médecine traditionnelle chinoise : histoire et grands principes

Malgré des origines imprécises et parfois confuses, la médecine traditionnelle chinoise est une pratique d’une rare complexité, aux rites, soins et disciplines savamment étudiés et encore appliqués aujourd’hui.

Brève histoire de la médecine traditionnelle chinoise

Les origines de la médecine traditionnelle chinoise sont quelques peu floues. On estime sa création il y a un peu plus de 3000 ans, âge présumé des premières aiguilles d’acupuncture retrouvées lors de fouilles archéologiques.

Mais, comme toute grande science, elle a ses fondateurs mythiques et presque mystiques. Il s’agit de trois empereurs, qui sont considérés comme les « pères » de la Médecine Traditionnelle Chinoise, ou tout du moins de sa restitution et de sa documentation. Il s’agit de l’Empereur Fuxi, auteur présumé du Yi Jing (« Livre des Mutations »), le plus ancien livre chinois ; l’Empereur Shennong, père de la phytothérapie, de l’agriculture, et du Pensa’o (« Traité de Matières Médicinales ») ; et l’Empereur Huang Di (surnommé l’Empereur Jaune), à l’origine de ce que l’on considère comme le premier livre de médecine chinoise, Huangdi Nei Jing, et créateur des rites et des pratiques de la discipline.

Cet ouvrage se présente comme un dialogue entre l’Empereur Jaune et son médecin et ministre Qi Bai. Toutes les conceptions taoïstes du corps humain y sont dépeintes et débattues. On y retrouve deux idées fondamentales :

  • Le corps et l’esprit ne font qu’un.
  • La recherche de la « bonne santé » est en réalité celle du rétablissement des énergies, basé sur l’équilibre de la nature.

Le Yin, le Yang et le Qi

Dans la philosophie taoïste, intimement liée à celle de la médecine traditionnelle chinoise, chaque chose est composée de deux « éléments » complémentaires : le Yin et le Yang.

Il s’agit en réalité de deux noms de composantes complémentaires et opposées, qui n’existent pas individuellement et ne vivent que parce que l’autre existe.

Elles représentent chacune des aspects distincts :

Le Yin symbolise le corps mais également la féminité, le froid, l’obscurité, la nuit, le repos, la matière, le corps ou encore les organes.

Le Yang représente l’esprit ainsi que la masculinité, la chaleur, la lumière, le jour, l’activité, la fonction, l’esprit et les émotions.

La notion d’équilibre sans jugement et sans hiérarchie est très importante dans la médecine traditionnelle chinoise. Ainsi, l’obscurité n’existe pas sans lumière et inversement.

De fait, quand on est en mauvaise santé, c’est que l’on fait face à un déséquilibre du Yin et du Yang.  Le corps et l’esprit n’étant pas dissociés, on doit rechercher constamment la bonne combinaison des matières (Yin) et des énergies (Yang).

Le Qi (parfois orthographié chi), lui, est à la fois le souffle vital et l’expression de l’équilibre interne.

Le but de la médecine traditionnelle chinoise est donc de bien faire circuler le Qi de chacun en se basant sur son élément dominant, tout en préservant le bon équilibre du Yin et du Yang.

Les 5 éléments

Comme beaucoup de médecines traditionnelles, la théologie chinoise s’est basée sur l’observation de l’être humain, de la nature et de leur relation. C’est pourquoi la théorie des 5 éléments (ou encore « Wuxing » ou « cosmologie ») est une partie essentielle de la Médecine Traditionnelle Chinoise : elle subdivise tout ce qui nous entoure et nous compose, en cinq grands ensembles interdépendants. Elle représente les quatre dynamismes de base de l’univers, plus le support qui les harmonise ensemble.

Ils rassemblent chacun des caractéristiques distinctes qui composent l’univers et l’humain :

  • Le bois symbolise la naissance, la couleur verte, le printemps, les tendons et les articulations, la colère et les cris, les yeux, les ongles, le foie et le goût acide.
  • Le feu représente le rire, la couleur rouge, l’été, les vaisseaux sanguins, la joie et l’excitation, la chaleur, le cœur et le goût amer.
  • La terre est dépeinte par la réflexion, la couleur jaune, l’été indien, la bouche, les muscles, le centre, l’humidité, la rate et le pancréas, et le goût sucré.
  • Le métal symbolise la tristesse, la couleur blanche (et les couleurs claires) l’automne, la peau et les muqueuses, le nez, la peur, la sécheresse cutanée, les poumons et le goût piquant.
  • L’eau est caractérisée par la peur, les couleurs noires et foncées, l’hiver, l’eau et les os, les oreilles, l’agressivité, le froid, les reins et le goût salé.

Chaque élément est autant faible face à l’un qu’il est fort face à l’autre. Il existe deux cycles d’agissement de ceux-ci. Le premier est dit « d’engendrement », aux effets positifs :

  • Le métal est fondu et devient liquide (eau), l’eau arrose et fait pousser les arbres (bois), le bois peut être allumé et réchauffer ce qui l’entoure (feu), le feu peut brûler les végétaux qui deviennent cendres (terre), la terre contient des minéraux (métal).

Le second est dit de « destruction » et a des effets négatifs :

  • Le métal tranche le bois, le bois puise trop la terre, la terre absorbe toute l’eau, l’eau éteint le feu, et le feu fait fondre le métal.

Dans la nature comme dans le corps humain, un cycle d’engendrement générera des réactions en chaîne positives, tandis qu’un cycle de destruction entraînera du négatif. Tous les éléments étant liés, le dérèglement ou l’amélioration de l’un d’eux influe donc sur tous les autres.

Cette théorie répond et est complémentaire à celle du Yin et du Yang, puisque nous recherchons à retrouver l’équilibre cyclique parfait de la nature dans notre santé.

Les organes et les méridiens

Les méridiens sont les trajets par lesquels l’énergie circule dans le corps. Il y en a 14 et ils sont subdivisés en vaisseaux Yin et Yang. Chaque organe y est associé, et les méridiens passent par chacun d’eux.

En matière de soin, on concentre les théories de la médecine traditionnelle chinoise sur 10 organes, associés aux méridiens Yin et Yang par groupe de 5.

  • Les poumons, le cœur, la rate, le foie, les reins sont associés au méridien Yin
  • Le gros intestin, l’intestin grêle, l’estomac, la vésicule biliaire et la vessie sont associés au méridien Yang.

En fonction du mal qui ronge le patient, on va appliquer des soins (massages, onguents, acupuncture…) sur le ou les méridiens associés à l’organe malade.

Les 5 disciplines de la médecine traditionnelle chinoise

En plus de travailler autour des méridiens et des organes qui y sont associés, la médecine traditionnelle chinoise concentre ses bienfaits autour de 5 grandes disciplines, qui, si elles sont appliquées en complément les unes des autres, permettent santé et longévité.

  • La pharmacopée, depuis laquelle on prépare des onguents, cataplasmes et infusions.
  • Les massages et les exercices énergétiques, comme le taï-chi-chuan, le kung-fu, le qi gong.
  • L’alimentation et la diététique.
  • L’acupuncture, qui est utilisée pour traiter les patients malades ou dont les énergies sont déséquilibrées.
  • La moxibustion, une technique de stimulation par la chaleur des méridiens et des points d’acupuncture.

Si la Médecine Chinoise et son histoire est aussi compliquée à comprendre et à appréhender pour les non-initiés, c’est justement parce qu’elle est très complète et complexe. C’est pourquoi elle est placée au rang de médecine millénaire, dont beaucoup de praticiens s’inspirent encore aujourd’hui.

C’est d’ailleurs ce que nous avons fait chez Cinq Mondes, puisque nombre de nos rituels, soins et produits s’inspirent des grands principes de la Médecine Traditionnelle Chinoise.

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